Le marché des fusions-acquisitions: encore des opportunités à saisir?

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« 2012 est la première année qui a complètement intégré la problématique de la crise européenne et des incertitudes politiques ayant entraîné une baisse des perspectives de croissance européenne”, explique Alban de la Sablière, banquier d’affaires chez Morgan Stanley à Paris.
Pour compenser ce climat morose, des entreprises pourraient aller chercher des réais de croissance dans les pays émergents. PPR ne cache pas son souhaite de se développer davantage en Chine tout comme Carrefour qui entend se renforcer sur ses deux marchés d’avenir, la Chine et le Brésil. Cela nous laisse perplexe concernant le marché des fusions acquisitions. Certains économistes estiment qu’il est trop tôt pour une reprise de ce marché et que les sociétés attendent des signes encourageant avant d’envisager des rapprochements.
Alban de la Sablière confirme cela en estimant qu’il est trop tôt pour tabler sur un redémarrage même si “la fin de 2012 a connu un environnement plus porteur avec des financements disponibles, peu chers et une diminution des risques macro-économiques.”
Lors d’une conférence organisée en 2012 à Paris par l’Association française des trésoriers d’entreprises, Charles de Croisset, conseiller international chez Goldman Sachs, a dit ne pas s’attendre à une reprise des fusions-acquisitions avant 2014, voire 2015.
Quelques exemples de fusions-acquisitions marquantes :
Dans le domaine des matières premières, l’année 2012 a été marquée par l’offensive du géant du négoce de matières premières Glencore sur son homologue minier suisse Xstrata C’est à un véritable géant de l’extraction minière et du négoce que donnerait naissance la fusion Glencore/Xstrata avec des chiffres d’affaires respectifs de 112 milliards d’euros et plus de 26 milliards l’an dernier. 
Menacé de voir son projet de fusion tomber à l’eau, Glencore le négociant avait été contraint d’améliorer son offre d’achat au mois de septembre. Le dernier point d’achoppement porte sur une prime de maintien en fonction des dirigeants de Xstrata jugée essentielle au bon fonctionnement de la nouvelle entité par le groupe minier. Cette prime de maintien en fonction se monte à 175 millions d’euros. Glencore, qui eut longtemps une réputation sulfureuse alimentée par son goût du secret, était apparu au grand jour après son introduction en Bourse en mai, qui l’avait valorisé à 50 milliards de livres (60,3 milliards d’euros). L’opération avait été motivée par son directeur exécutif, Ivan Glasenberg, par le besoin de développer sa taille par des acquisitions. Jusqu’alors cette stratégie s’était soldée par des prises de participations dans le capital de Minara, producteur de nickel australien, ou le producteur de charbon sud-africain Optimum.
A noter que Suite à ces rumeurs, le titre Xstrata a pris plus de 13% et celui de Glencore 5% en Bourse de Londres.
Cependant, cette fusion a suscité de nombreuses questions. “La vraie question, affirme Mike Ingram de BGC, est de savoir comment cette mega-fusion sera évaluée dans trois à cinq ans ? Est-ce qu’elle vient accompagner un haut de cycle de l’industrie minière ? Est-ce une opération défensive ou un changement stratégique progressif ?”
Une autre fusion marquante de cette année est celle de Nestlé. Le géant suisse s’est confronté à Danone pour le rachat de Pfizer et a remporté la mise.
Nestlé a été le plus offrant dans l’enchère portant sur l’acquisition de la division lait infantile de l’américain Pfizer. Le Suisse a sorti son trésor de guerre pour faire échec au français Danone qui était également sur les rangs : 12 milliards de dollars, soit près de 10 milliards d’euros. Un prix justifié selon Nestlé par l‘énorme potentiel de la division Pfizer Nutrition. Nestlé occupe déjà aujourd’hui 25 % du marché de la nutrition infantile.
Danone avait pourtant mis sur la table un peu plus de 11 milliards de dollars pour avoir l’opportunité de renforcer sa branche nutrition infantile (Blédina, Dumex) en Asie et en Amérique latine. Pour l’emporter, le groupe dirigé par Franck Riboud ne s’était finalement pas allié au spécialiste américain du lait infantile Mead Johnson, comme il en avait eu un temps le projet. Désireux de ne pas se surendetter et de ne pas avoir à céder ses eaux en bouteille pour financer cette acquisition, Danone s’était toutefois associé à des fonds d’investissement pour une partie de l’activité rachetée à Pfizer et comptait céder des actifs dans la nutrition infantile en Europe (hors France), en Australie et en Nouvelle-Zélande.
Le constructeur automobile allemand Volkswagen finalise mercredi le rachat de son homologue Porsche pour un montant de 4,46 milliards d’euros plus une action Volkswagen.
 Après deux ans et demi de fiançailles, l’union entre le premier constructeur automobile européen et le constructeur de voitures de luxe se concrétise enfin. Volkswagen souhaite devenir le premier constructeur automobile mondial en 2018. Dans un communiqué, Volkswagen précise que la consolidation de Porsche AG aura “clairement” un impact positif sur son bénéfice. Porsche, en plus d’une action VW ordinaire, recevra de son côté un montant en numéraire supplémentaire de 4,46 milliards d’euros. En décembre 2009, Volkswagen avait acquis 49,9% de la branche voitures de sport de Porsche pour 3,9 milliards d’euros dans le cadre d’un accord permettant à la maison-mère Porsche SE, criblée de dettes, d’éviter l’insolvabilité. Initialement, les deux groupes avaient prévu de fusionner à la fin de l’année dernière, mais, en septembre dernier, VW avait annoncé un retard dans le calendrier en raison d’obstacles juridiques.
La compagnie aérienne australienne Qantas qui essaie de redresser sa division internationale déficitaire, fait alliance avec Emirates, la compagnie de Dubaï. Cette décision marque un tournant. Qantas, dans le rouge, annonce une alliance mondiale avec Emirates. Pendant 10 ans, à partir d’avril prochain, le hub de ses vols vers l’Europe sera transférée de Singapour à Dubaï. Prix et horaires des deux compagnies devraient, à terme, être coordonnées. Ensemble, ils assureront 98 liaisons par semaine entre l’Australie et Dubaï notamment des vols quotidiens de Melbourne et Sydney vers Londres. Cet accord signe la fin de la “route kangourou”, liaison réalisée avec British Airways depuis près de 20 ans. Les deux compagnies avaient renoncé à une fusion en 2008. La compagnie australienne a engagé un plan de redressement après avoir fait état de performances intercontinentales en forte baisse. Qantas a en effet enregistré une perte nette annuelle de 244 millions de dollars australiens (205 millions d’euros) sur l’exercice 2011/12 clos en juin – sa première perte annuelle depuis sa privatisation en 1995.

Assiya DADDI

 

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