La vente à découvert

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Ce procédé vise à vendre un titre que l’on ne détient pas en portefeuille. Concrètement, dans un premier temps, on procède à l’emprunt d’un titre que l’on revend immédiatement. Puis dans un second temps, on rachète ce titre afin de le rendre à l’entité avec laquelle on a procédé à l’emprunt.

Cet outil peut avoir deux utilités dans le cadre de la gestion alternative et plus particulièrement pour les hedge funds:

– S’il semble qu’un actif lors d’un stock picking va voir son cours baisser, on procède à une vente a découvert de ce titre.

Prenons l’exemple de l’action de Peugeot Citroën Automobile

Nous sommes le 25 juillet 2011. Après une analyse le stock picker en charge du secteur automobile, pense que l’action va probablement chuter. Le gérant du hedge funds en est tout aussi persuadé et il procède à une vente à découvert aussi appelé en anglais short selling.

– Il emprunte donc 10 000 titres auprès d’une contrepartie et vend immédiatement l’intégralité des titres au cours de 30,48€. Il a donc une entrée en trésorerie pour le fonds de 10 000 x 30,48 = 304 800 €.

– Le 3 août 2011, il pense que l’action a assez baissé et procède donc au rachat du titre sur le marché afin de le rendre à la contrepartie initiale. Le cours au 3 août 2011 était de 23,80€. Il achète donc pour 10 000 x 23,80€ = 238 000€ d’action PSA.

Il a donc réalisé une plus-value de 304 800€ – 238 000€ = 66 800€ (diminuée du coût de prêt mais qui est généralement de quelques points de bases ainsi qu’en cas de détachement de dividendes, des dividendes que le fonds a perçus).

– Si le gérant souhaite se couvrir.

La couverture permet à un gérant de protéger ses positions acheteuses par des positions vendeuses. Autrement dit, s’il a acheté pour 1 000 titres X et qu’il souhaite se couvrir à 90% contre une potentielle baisse du cours (risque de marché) du titre X, il va effectuer 1000 x 0,9 = 900 ventes à découvert sur le titre x. Ainsi, s’il y a une baisse de cours sur une position acheteuse, elle sera récupérée pour 90% d’entre elles avec les positions vendeuses.

Cependant, lorsque l’on effectue des ventes à découvert, il ne faut pas omettre le risque de liquidité. En effet, lorsque le gérant emprunte un titre, il doit en général déposer un collatéral auprès de la chambre de compensation qui représente 10% de la valeur des titres empruntés et en fonction des variations du cours des titres, le gérant doit procéder à l’ajustement du collatéral.

En cas de baisse des cours, le collatéral présente un surplus et celui-ci est rendu au fonds. En cas de hausse des cours, le gérant doit compléter le manque pour rejoindre la barre des 10%. On appelle ce processus journalier les appels de marges.

Dans le cas ou le gérant se retrouve dans l’impossibilité d’avancer le collatéral, la position est dénouée et le gérant se retrouve dans l’obligation d’acheter le titre au cours actuel afin de rendre le titre à la contrepartie avec un risque potentiel de moins-value pour le fonds.

Baptiste GRANDJEAN

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