Le Quantitative Easing en Europe

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QE - Quantitative Easing - central bank monetary policy assuming money supply. US Dollar texture.

Voici maintenant quelques mois que Mario Draghi a annoncé la sortie du Quantitative Easing en 2018.
Plus précisément, la BCE a prévu de réduire ses achats de dettes d’Etats à 30 milliards d’euros jusqu’à septembre 2018 (contre 60 milliards/mois auparavant) et donc de mettre probablement fin à ses achats à partir de septembre 2018 ou de poursuivre son programme de rachats de dettes d’Etat, si la situation économique le justifie.
Mais entre ce programme de rachat de dettes, ainsi que les opérations de refinancement de long-terme, c’est plus de 4 400 milliards d’euros injectés dans l’économie de la zone euro par la Banque Central Européenne. Cette annonce de prolongement jusqu’à 2018 a comme volonté de soutenir la zone euro toujours affaiblie, accompagnée d’une inflation toujours trop basse par rapport à l’objectif de 2% que s’est fixée la BCE.
La hausse des prix dans les 19 pays partageant la monnaie européenne ressort à 1,5% sur un an en novembre 2017.
Aussi après un objectif qui n’est toujours pas atteint à ce jour et plus d’un tiers du PIB de la zone euro injecté, beaucoup se demandent : aujourd’hui, où sont passés les milliards du Quantitative Easing injecté dans l’économie Européenne par la BCE ?
Rappelons d’abord ce qu’est le Quantitative Easing.
En 2011, suite à la crise de de la dette de la zone euro et le retrait des fonds monétaires américains, les banques européennes se retrouvent face à un manque important de liquidité.
Dans ce type de situation, les banques centrales se contentent de prêter à court terme plus d’argent que d’habitude aux banques dans le but de faire baisser les taux d’intérêts, qui seront alors répercutés par les banques vers leurs clients, ce qui favoriserait normalement une hausse de l’endettement, à savoir les demandes d’emprunts, aussi bien par les ménages que les entreprises.
Cependant, lorsque les taux d’intérêts sont déjà très bas, des méthodes moins conventionnelles peuvent être appliquées : l’assouplissement quantitatif ou Quantitative Easing (QE).
Le Quantitative Easing a donc permis à la BCE, à partir de l’argent qu’elle a créé, de racheter directement une partie de la dette des Etats de la zone euro. Le rachat par la BCE des obligations fait augmenter le prix de ces dernières, et fait ainsi baisser leurs rendements. Ainsi, les détenteurs de titres dépenseront ou investiront dans des produits plus rentables, et les banques ayant désormais de la liquidité prêteront à des taux tout aussi bas, ce qui aura théoriquement pour objectif, de relancer l’économie, empêcher la déflation pour atteindre au contraire un niveau d’inflation proche de 2%, mais tout en restant en-dessous.
Cependant, comme dit précédemment, le niveau d’inflation désiré n’a jamais été atteint et l’expérience des Etats-Unis, ainsi que la situation présente dans la zone euro, ont montré qu’il est possible que l’inflation sous-jacente ne redevienne jamais proche de 2%.
La question suivante est par conséquent de savoir si la croissance de la zone euro fut en accord avec les programmes de dépenses engagé par la BCE.

Selon Bloomberg, les 4 411 milliards de rachats de titres représentent 40.9% du PIB de la zone euro, le taux de croissance annuel devrait par conséquent être en moyenne de 3.5%/an sur les 10 dernières années. Malheureusement, ce taux est resté en moyenne autour des 2%.
Cependant, le Quantitative Easing a réellement commencé en mars 2015, date à laquelle fut lancé le programme d’achat de titres publics. En effet, au lieu d’investir dans l’économie productive, les banques de la zone euro ont choisis d’épargner la majeure partie des liquidités issue de la BCE auprès de cette même banque centrale ! et cela pour une raison : respecter leur ratio de liquidité (LCR). Ce ratio permet aux banques de résister à une crise de liquidité durant 30 jours en mettant en réserve suffisamment de dépôts. On est donc passé à 2000 milliards d’euros de dépôts aujourd’hui contre 300 milliards en 2011.
La fin du QE annonce-t-elle la hausse des taux d’intérêts ?
Malgré l’annonce donc de la sortie du QE en 2018, les taux d’intérêts à long-terme restent très bas dans la zone euro. Cela peut s’expliquer par : Le retour à l’accumulation de réserve de change, et donc à l’achat d’obligation pour les banques centrales, ainsi qu’à l’excès d’épargne (depuis 2012) dans la zone euro.
Cela dit, étant donné la réduction extrêmement progressive mais justifiée des achats de la BCE, on peut se demander si le QE prendra réellement fin en 2018, et donc si les taux finiront par remonter sous l’effet des anticipations de marché dû au début de la normalisation du bilan de la BCE.
Mais cela sera pour un horizon plus lointain. On peut cependant d’ores et déjà dire que le Quantitative Easing aura été bénéfique pour les banques et le resserrement des taux de crédit, bien qu’il n’ait pas tout à fait redynamiser la situation économique de la zone européenne.
Bibliographie :
https://fr.reuters.com/article/businessNews/idFRKBN1DU19Z-OFRBS
https://www.challenges.fr/videos/ou-sont-passes-les-milliards-de-la-bce_vlkru5
https://www.latribune.fr/opinions/tribunes/ou-sont-passes-les-milliards-du-quantitative-easing-de-la-bce-761782.html
https://group.bnpparibas/actualite/enjeux-fin-quantitative-easing
https://www.nouvelobs.com/economie/20150122.OBS0580/le-quantitative-easing-explique-a-un-enfant-de-5-ans-bon-ok-12-ans.html

Où sont passés les milliards de Mario Draghi ?

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