Et si le prix du pétrole avait atteint son plafond ou est on en passe de l'atteindre?

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Sommaire :

– Les réserves en matière d’énergies fossiles

– A quels types de besoins répond le pétrole?

– Ou se concentre les plus fortes hausses de la demande?

– Les nouveautés en matière géopolitique mondiale

– Les autres énergies exploitables à coût de pétrole similaire

Cet article vise à prendre le contrepied de la théorie d’efficience des marchés et traitera principalement de l’évolution que pourraient prendre les prix dans le futur des énergies fossiles et en particulier, le pétrole. Celle-ci prévoit que la rareté d’un bien entraîne une augmentation mécanique du prix, lorsque celui-ci entre en risque de pénurie. La consommation annuelle en 2011 en matière d’énergie nous montre que nous sommes encore aujourd’hui très dépendants des énergies fossiles avec plus de 87%, dont près de 35% sont issus du pétrole. Pour autant, ce phénomène de dépendance en matière énergétique ne date pas d’hier, nous y somme confrontés depuis 4 décennies. Cela fut les constats résultant notamment des différents chocs pétroliers qui ont fortement dans le passé impactés l’activité économique et la croissance mondiale. En 2013 toutefois, on peut dire qu’un changement est amorcé et que notre dépendance à ces énergies, n’est non plus technologique ou technique mais purement économique. En effet, ces mauvaises expériences ont permis d’autres parts, de déclencher une volonté d’innovation dans le processus de production et consommation énergétique, s’orientant et avec succès sur d’autres sources de production énergétique.

1)Les réserves en matière d’énergies fossiles

A) Le pic de Hubbert

Des simulations ont démontré sur la base du pic de Hubbert que l’ensemble des réserves pétrolières, incluant celles concernant le gaz de schiste et les sables bitumineux devraient atteindre un maxima de production vers 2020. C’est un fait avéré, les réserves en énergies fossiles sont limitées. On pourra donc à décompter de cette date envisager une fin du pétrole à un horizon d’une cinquantaine d’année, à condition toutefois que notre schéma technique, technologique et de consommation se montre invariable.

Par la prise en considération de ce fait, et selon la loi d’éfficience des marchés, mécaniquement la rareté d’un bien en fait naturellement accroître le coût. C’est pourquoi le cours du pétrole reste comme vous pouvez le voir ci-dessous sur la dernière décennie en constante hausse (hormis la période de crise de 2008-2009). Lorsque ce coût augmente au baril , de nombreuses choses se produisent :

  1. Le lancement d’exploitation de gisement non rentable à prix inférieur

  2. La recherche de meilleure technique d’exploitation (actuellement les gisements ne sont exploités qu’à 30 à 50% de leurs possibilités)

  3. La recherche et l’exploitation de sources d’énergies similaires (gaz de schiste et les sables bitumineux)

Autant d’éléments permettant à la fois d’assurer un rôle majeur au pétrole mais également :

  1. La recherche et le développement d’énergies novatrices tel l’électricité produite par le biais:

    1. Des énergies renouvelables (biomasse, hydroélecticité,photovaltaïque…)

    2. Du nucléaire

  1. La recherche et le développement de nouveaux systèmes d’exploitation de l’énergie dans l’industrie mais aussi à vocation des utilisateurs finaux (voitures électriques et hydrogènes, avions électriques…)

Cette évolution en matière de coût est également en corrélation avec le fait que la population mondiale se veut croissante. Mécaniquement la demande en matière de carburants, de produits chimiques, de combustibles fait alors, elle aussi une augmentation notamment à destination des pays émergents que représentent l’Inde et la Chine dont la population et l’industrie croient à des vitesses vertigineuses.

2) Les réserves estimées de pétrole, gaz naturel et gaz de schiste

La répartition dans le monde en matière de capacité de production et d’extraction se définit comme suit :

A) Pour les réserves en matière de pétrole brut

Principalement détenu par l’OPEP, à hauteur de quasiment 75%, les réserves de pétroles brut restent très inégalement réparties.

B)Pour les réserves en matière de gaz naturel

Comme on peut le voir la majorité des réserves est concentré en Ex-Urss et au Moyen Orient à presque quasiment 75%.

C) Pour les réserves en matière de gaz de schiste

Comme on peut le voir sur ce graphique, les ressources en gaz de schiste sont plus équitablement réparties à travers le monde que les précédentes. Redistribuant les cartes en matière de géopolitique mondiale et dans le but de s’émanciper du contrôle que peut exercer l’OPEP, les Etats-Unis envisagent déjà un calendrier dans le but de commercialiser le gaz de schiste à l’export et ne sont pas les seuls à disposer de réserves importantes en matière de gaz de schiste. La Chine, l’ex-URSS, le Moyen-Orient, mais aussi et surtout l’Europe, en seraient richement dotés. Sur le Vieux Continent, deux Etats se démarquent : la Pologne, très offensive sur le sujet, et la France même si des contraintes d’ordres écologiques et règlementaires freinent encore considérablement son essor en France.

  1. A quels types de besoins répond le pétrole et les énergies fossiles?

A) Des besoins de consommation

Comme on peut le voir sur ce tableau, la consommation de pétrole se répartit dans 3 secteurs en particulier que sont:

  • Les transports

  • L’industrie

  • Le secteur résidentiel

B) Des besoins de production énergétique

Le pétrole est également un des moyens permettant la création d’énergie électrique. Toutefois comme on peut le voir sur le graphique celui-ci a perdu sa place au profit notamment du gaz naturel et du nucléaire.

  1. Ou se concentre les plus fortes hausses de la demande?

Dans les 18 dernières années, la consommation d’énergie dans le monde a augmenté de 40%.Cette évolution est la combinaison de la comsommation stabilisé depuis 10 ans des pays développés, représentés par le groupe des pays de l’OCDE, et l’augmentation croissance de celle-ci venant des nouvelles économies en forte croissance. Les pays où les hausses sont les plus notables sont notamment :

-La Chine, exemple des nouveaux pays industrialisés, voit sa consommation d’énergie plus que tripler de 1990 à 2008 en raison notamment de la croissance exponantielle de son commerce extérieur et de ses coûts de transport. Sa part dans la consommation mondiale double et passe de 7,5% à 16,4 %.

-l’Afrique dont la consommation a augmenté de 50% de 1990 à 2008, mais reste marginale dans la consommation mondiale (environ 5,7% pour plus de 15% de la population mondiale).

  1. Les nouveautés en matière géopolitique mondiale

Comme nous l’avons décrit précedemment et pour rappel :

  • La demande en matière de pétrole est en hausse

  • Cette demande concerne principalement les secteurs du transport, résidentiel et de l’industrie

  • Les ressources en pétroles diminuent

  • Une pénurie systémique ou véridique entraînent des chocs pétroliers qui nuisent durablement à l’activité économique mondiale

  • La répartition des réserves de produits pétroliers s’articulent autour :

    • De pétrole brut : détenu à hauteur de 75% par l’opep,

    • De gaz naturel : détenu à 75% par l’ex Urss et le Moyent Orient

    • De gaz de Schiste répartis sur tous les continents

  • Grâce à l’émergence du gaz de schiste, de nouveaux pays exportateurs ont la possibilité d’exporter leur production tel la Pologne et bientôt les Etats Unis.

A) Un excès d’offre et une demande en baisse

Les États Unis sont, pour l’instant, le seul pays à produire des quantités substantielles de gaz et de pétrole de schiste. Celle-ci correspond en 2012, à 5 % de la consommation de pétrole en Amérique. En 2020, elle devrait osciller entre 15 et 20 %. Cette nouvelle réorientation dans la production/consommation aux Etats Unis dû au fait que ceux-ci vont exporter du gaz liquéfié et réduisent déjà fortement de 14 à 10 millions de barils par jour entre 2006 et 2012 leurs importations de pétrole va considérablement faire changer la donne géopolitique mondiale.

Cette nouvelle capacité de production, a notamment permis depuis l’embargo sur l’Iran de combler les déficits de production mondiale en matière de pétrole brut et mécaniquement freiner l’essor des prix de l’énergie. Prenons maintenant l’hyppothèse que le conflit iranien viennent à prendre fin comme nous sommes semblent-ils en train de le faire, et qu’une fin de l’embargo soit initié, leur production pétrolière pourrait très rapidement être réenclenchés entraînant par la même un excès d’offre et donc mécaniquement une baisse des prix du pétrole.

B) Un prémisse en matière de changement de consommation énergétique

Le pétrole est une énergie fossile qui a comme on a pu le voir précédemment vocation à être utilisé dans les transports, l’industrie et le secteur résidentiel.

Bien que celui-ci reste indélogable sur ces deux derniers, il n’en est pas de même concernant le transport. En effet, comme on peut le voir ci-dessous, les transports représentent en 2011 près de 70% de la consommation mondiale en matière d’énergie fossile et près de 67% pour le transport domestique, pour autant de nombreux changement sont à prévoir dans ce domaine. L’industrie de l’automobile électrique en est notamment, l’un de ceux avec le plus de potentiel. Entre politique internationale à vocation de fin de dépendance aux énergies fossiles, désirs de transition énergétique et volontés de modernité aux yeux du monde afin d’attirer investisseurs et professionnels dans le but de relancer une politique d’industrialisation new age massive, de nombreux pays se sont déjà lancés en campagne afin d’équiper le plus grand nombre et au plus tôt sur ces nouveaux équipements. Bien que de nombreux challenges doivent encore en la matière être relevés, notamment en matière de normes internationales, d’autonomie, de vitesse de recharge, d’investissements en infrastructures, capacité de production…. cette course à la modernité et à l’énergie propre est devenu un nouveau défi, timer, et avec des statistiques et tests déjà chiffrer.

On peut le voir notamment avec cette carte de prévision à l’horizon 2020, où les tests grandeur nature de transports publics électrique en Corée depuis 2009.

  1. Les autres énergies exploitables à coût de pétrole similaire

A) Les biocarburants

Un biocarburant est un carburant issu de la biomasse, c’est-à-dire obtenu à partir d’une matière première végétale ou animale.Les deux grandes filières de production des biocarburants sont la filière :

  • Essence avec l’éthanol et l’ETBE

  • Diesel avec les EMAG

Exportés et produits notamment au Brésil via la canne à sucre ou aux Etats-Unis avec le maïs, ceux-ci peuvent être rentable à la production de substituts au pétrole lorsque celui-ci est à prix de 58$ le baril. Ces biocarburants ont un gros potentiel par rapport au pétrole notamment dû au fait que leurs disponibilités et leurs réserves sont très grandes et évolutives. On peut donc anticiper dans le futur un prix du pétrole s’établir selon celui de la bioénergie et donc indepépendamment de l’opep.

B) Le nucléaire et les centrales thermiques

Une centrale nucléaire est une centrale thermique dont le système de chauffage est issu de la fission d’ atomes d’uranium enrichi, laquelle produit énormément d’énergie.Le Nucléaire est la seconde énergie la plus compétitive. Le coût de production est de 49,5 euros par MW/h. Le coût de production de l’électricité issue des centrales thermiques varie entre 70 euros et 100 euros par MW/h.

C)Les énergies renouvelables potentiellement compétitives

1)L’énergie hydraulique

C’est l’énergie dont le coût de production de l’ électricité est le plus faible avec un coût de production de : 40 euros par MW/H malgré les coûts de construction colossaux des barrages, une fois en place ceux-ci présentent très peu de frais de fonctionnement et de maintenance et restent donc très compétitives.

2)La biomasse

Le pouvoir calorifique de la matière organique peut servir à produire de l’électricité à partir de procédés thermiques (pyrolyse, gazéification, combustion directe) ou biochimiques (digestion anaérobie ou méthanisation). Cela peut prendre 2 formes :

– La biomasse ligneuse : le bois, la paille principalement pour des procédés à base de combustion.

– La biomasse fermentescible : les résidus liquides, les déchets, avec une conversion en biogaz par des micro-organismes puis brûlée dans des groupes électrogènes adaptés.

C’est la 2ème énergie renouvelable dans le monde avec un coût de production de l’ électricité de biomasse de 106 euros par MW/H.

3)La géothermie

La géothermie permet de capter dans le sous-sol terrestre des eaux et de la vapeur d’eau très chaude, lesquelles sont utilisées dans des centrales spécifiques pour produire de l’électricité.

Le coût de production électrique s’établit ainsi à :

  • 12 à 40 € par MW/H dans les zones favorables (Islande, Indonésie, Italie, États-Unis)

  • 40 à 120 € par MW/H en Europe continentale

Bien que ces énergies sont encore minoritaires dans le monde, l’utilisation et leurs procédés de transformations technologiques pour les réaliser sont connus et maîtriser, permettant ainsi de favoriser encore d’avantage une fin de la dépendance mondial énergétique de l’OPEP dès le milieu de la prochaine décennie.

Enfin et pour conclure, quelques points me semblent intéressant à repréciser notamment que :

  • Le marché va devenir excedentaire en terme d’offre d’énergies fossiles,

  • La demande va devenir baissière malgré la hausse de la demande des émergents dû à l’autosuffisance américaine qui consomme aujourd’hui entre 20 et 30% de la production mondiale,

  • L’industrie et l’émergence d’un modèle de consommation énergétique plus propres va dans les années à venir réorienté l’énergie phare de consommation à échelle mondiale,

  • L’émergence d’énergies de subsitution tel les biocarburants, le nucléaire, les énergies renouvelables vont approfondir encore cette phase de transition énegétique.

A la lumière de l’ensemble de ces faits, ma conviction est que sur les 2 voire 3 prochaines décennies, le coût en matière de pétrole, dans les conditions économiques que l’on connaît actuellement n’évoluront pas à la hausse mais plutôt dans un canal de prix évoluant entre 70 et 120$ du brut.


Philippe GIUSTINIANI

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