Environnement économique et marché

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En zone euro, les signaux d’amélioration cyclique de l’activité se multiplient : forte hausse des indices PMIs en Espagne et en Italie, hausse du sentiment économique et du moral des consommateurs, en particulier dans la périphérie. En revanche, le crédit bancaire au secteur privé s’est de nouveau (fortement) contracté et le taux de chômage a atteint un nouveau point haut, à 12,1% en mai. Enfin, l’inflation a rebondi à 1,6% a/a en juin en zone euro. Aux Etats-Unis, la croissance du PIB du T1 a été révisée à la baisse (à 1,8% en rythme annualisé), mais les enquêtes de confiance s’améliorent toujours en tendance et le marché immobilier en particulier continue de rebondir.

En Chine, les taux interbancaires se sont détendus après les interventions de la banque centrale, mais l’indice PMI a décéléré comme attendu, à 50,1 en juin. Beaucoup d’évènements macroéconomiques se sont passé à la fin de ce mois de Juin 2013 avec par exemple le rapport sur l’emploi aux États-Unis a dépassé les attentes avec 195000 créations d’emplois en juin et des révisions à la hausse sur le passé.

Le taux de chômage est resté stable à 7,6%. Les taux à dix ans ont fortement réagi, gagnant près de 25 bp à 2,75% vendredi. La BCE et la BoE ont tenté de « découpler » partiellement la conduite de la politique monétaire en Europe de celle de la Fed. Mario Draghi a introduit une forme de forward guidance en s’engageant à maintenir des taux bas « pour une période de temps prolongée ». Une nouvelle baisse des taux est par ailleurs possible a indiqué ce dernier spécifiant que « 0.5% n’est pas un taux plancher ».

La BoE a indiqué que la hausse récente des taux anticipés n’était pas justifiée par l’amélioration cyclique de l’économie. On notera notamment que dès l’annonce de Mario Draghi, l’euro contre le dollar est passé immédiatement de 1.30 à 1.29.Les indices des directeurs d’achat (PMI) dans les services ont continué de progresser en zone euro, notamment en Espagne et en France, mais à un rythme plus modéré. Les données d’activité en Allemagne ont déçu (commandes à l’industrie, exportations).

La Banque de France a revu sa prévision de croissance au deuxième trimestre en hausse, à +0,2% pour le prochain trimestre. Nous observons depuis quelques temps, un regain d’appétit pour le risque ainsi que de confiance des investisseurs alors que l’environnement du marché est toujours difficile. Il est bien de savoir que la politique monétaire de la BCE restera flexible en sachant que la reprise reste incertaine et fragile en zone euro. Indéniablement, les marchés actions sont conduits par la politique accommodante pour ne pas dire expansionniste des banques centrales partout à travers le monde.

Les investisseurs attendent maintenant la parution, mercredi, de la dernière réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed) ainsi que l’intervention de son président, Ben Bernanke, prévue le même jour à Boston. Il va probablement chercher à apaiser les craintes sur les statistiques économiques ce qui pourrait entraîner un relèvement des taux l’an prochain. Un tel discours de la part du président de la Fed pèserait sur le dollar, mais un éventuel recul du billet vert devrait être de courte durée surtout si les statistiques sur les ventes de détail qui paraîtront la semaine prochaine montrent que la reprise reste bien engagée.

Sur le marché des actions européennes, les perspectives de croissance ne sont pas plus défavorables qu’il y a quatre mois. Les marchés ont occulté les dernières statistiques économiques qui laissent pourtant croire à une nette amélioration de la conjoncture en Europe au deuxième trimestre. Depuis un mois et demi, les marchés suivent une trajectoire inverse à celle qu’ils devraient suivre étant donné les derniers indicateurs publiés : la série de neuf séances de hausse à la mi-juin s’est faite avec des statistiques décevantes, en particulier sur les ventes au détail et sur l’immobilier américain.

A l’inverse la forte baisse de début juin a eu lieu malgré de très bonnes publications sur l’ISM manufacturier et les créations d’emploi. Mais il est vrai qu’aujourd’hui ce sont surtout les bonnes statistiques qui passent inaperçues. Nous sommes face à un cas de situation classique dans les hauts de cycles, les marchés n’admettent pas les mauvaises nouvelles et dans les bas de cycles, ils ferment les yeux devant les bonnes nouvelles. Les investisseurs se tournent de plus en plus sur le marché action démontrant ainsi un appétit nouveau pour le risque.

Matière Première :

Le marché du pétrole a très fortement réagi au coup d’état entraînant la destitution de l’ancien président Mohamed Morsi. Non pas parce que l’Egypte est pays producteur ni exportateur de pétrole, mais en raison de l’inquiétude des investisseurs par rapport à l’instabilité politique régnant dans le pays et sur les futurs problèmes que pourrait engendrer une crise politique sur la distribution de brut grâce au canal de Suez.

DOMINJON, Victor

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