Des moyens de communications anti-communicants ?

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Close up of a man using mobile smart phone

Ce qui bloque dans l’exercice d’une expression fluide qui cherche à se désinhiber est le non-respect des règles institutionnalisées de la grammaire française, établies par une académie plutôt rigide, qui laisse peu de place à son évolution. Si l’on pouvait s’affranchir des contraintes de la grammaire française comme bon nous semble, on pourrait renforcer notre capacité à communiquer. Certaines personnes ont cependant trouvé des alternatives plutôt originales pour s’en libérer et par la même, partager leur humeur du moment en fleurissant leurs propos de symboles ironiques, pour remplacer la métaphore. Grâce à Scott Fahlman par exemple, professeur à l’université Carnegie-Mellon aux Etats-Unis (Ohio), nous avons les émoticônes depuis 1982.

Internet est un outil aussi superflu qu’indispensable au quotidien. Avec cet outil, on peut presque tout faire. Certains parlent même de trouver l’amour via les sites de rencontre.

En effet, ces nouvelles formes de communication permettent non seulement de se désinhiber mais aussi de combler un vide chez les plus isolés. Grâce aux réseaux sociaux, certains ont appris à se connaître eux-mêmes ou encore de rester en contact avec leur famille, des amis éloignés. C’est un véritable outil de travail collaboratif pour organiser des rendez-vous en groupe de façon bien commode, une ouverture au monde, une grande source d’information encyclopédique. Les jeunes ont enfin une véritable occasion de dispenser un savoir à leurs parents.

Le virtuel, un couteau à double tranchant semble améliorer les échanges. En tout cas, ils sont plus rapides et moins coûteux mais les dérives restent inévitables.

Le virtuel prend de plus en plus de place sur le réel. Le retour à celui-ci est parfois compliqué voire effrayant. Parce que certains ont du mal à s’exprimer en face à face, ils se cachent derrière un masque, celui de la toile. D’où l’effet de distance, difficile pour les générations précédentes de suivre la tendance. Cela devient une véritable addiction, une totale dépendance. Très peu sont ceux qui arrivent à rester une journée sans leurs smartphones.

Plus besoin de livres ou de journaux au format papier ou encore de bibliothèque, tout se trouve en ligne. On a bien conscience de la tromperie sur l’image, une personne n’est pas forcément ce qu’elle prétend être. Et l’interrogation sur la qualité et la véracité des informations qui circulent n’est pas automatique.

Aujourd’hui, l’Etat n’a pas besoin de Big Brother, les internautes ont livré volontairement leurs vies privées aux fournisseurs d’accès et aux réseaux, reste alors le degré d’exposition.

C’est alors corps et âme que la plupart va se livrer à sa manière sur la toile. Tout doit être divulgué ou montré, la notion de secret perd de son sens.

Le net est le miroir de notre société, il est donc logique d’y trouver tous nos travers, qu’il s’agisse de prostitution, pédophilie, pratique sexuelle illicite et bien sûr, la mondialisation rend plus difficile la répression de ces dérives qui sont des délits.

La maîtrise de l’orthographe reste un gage de sérieux qui reflète une certaine rigueur indispensable à celui qui souhaite revêtir un poste à responsabilité. Il est bien clair que le langage numérique ne suffit pas, il ne fait que s’appuyer sur une langue déjà bien établie. De plus, à force d’y avoir recours, nombre de jeunes gens de la « Digital Native » n’équilibrant pas leurs moyens d’expression avec l’usage du « bon français » ne savent plus écrire correctement. On finit par oublier l’essentiel, notre patrimoine culturel… Si un nouveau langage tronqué venait à remplacer la langue de Molière en n’importe quelle circonstance, ce serait détruire l’histoire et l’identité d’un pays et par la même, celle de ses habitants.

Linnsy KIMPUTU

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