Les perspectives d'avenir de l'aggro-industriel en Afrique: Bientot le bout du tunnel?

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CONTEXTE

L’Afrique possède une grande variété de conditions climatiques qui favorisent une gamme de production agricole conséquente. De par ses saisons de pluies et sa végétation relativement clairsemée, son potentiel agricole est indéniablement l’un des plus importants des années à venir.

Cependant, elle importe encore en quantité importante, des produits agricoles et alimentaires pouvant être produits sur le continent. En effet l’importation de produits alimentaires sont évalués à 25 milliards USD et pourrait passer la barre des 110 millions USD d’ici 2025. Une situation bien paradoxale pour un continent à fort potentiel agricole. L’on comprend ce paradoxe, lorsqu’on sait que plusieurs raisons y sont à l’origine à savoir : la pauvreté, car en effet la moitié de la population africaine vit dans des zones rurales et comptent uniquement sur l’agriculture comme moyen de subsistance. Ceci engendre donc une faible productivité quand on sait que c’est dans ces zones-là qu’il y a le plus de terres cultivables. Ajouté à ça la déficience des infrastructures et des techniques agricoles pas modernisés, entrainant le sous-développement du secteur agroindustriel.

On prête généralement peu d’attention à la chaîne de valeur qui achemine les denrées et les produits agricoles jusqu’au consommateur final dans le pays et à l’étranger. Cette négligence coûte très cher en termes de pertes considérables de valeur ajoutée et de possibilités d’emploi. L’agro-industrie dans les zones rurales africaines est pour ainsi dire, inexistante ou à l’état embryonnaire. En conséquence, les pays sub-sahariens subissent d’énormes pertes après-récolte, atteignant les denrées agricoles périssables comme les fruits et les légumes, une moyenne de 35-50 % de la production réalisable totale, et entre 15 et 25 % en ce qui concerne les céréales.

CERTAINS MONTRENT L’EXEMPLE

S’il est vrai que le secteur agro industriel de l’Afrique sub-saharienne peine à se développer, certains pays arrivent à sortir la tête de l’eau, dans un continent noyé dans son propre potentiel. Leur crédo : Transformer su place les aliments produits localement. Une initiative enthousiaste même face aux obstacles cités plus haut. En Afrique de l’ouest, plus particulièrement au Sénégal, c’est le maraichage qui connait un développement plus qu’encourageant ; en effet grâce a une ferme volonté politique de l’Etat traduite dans ces projets de développement incitant à améliorer la qualité du produit et à la mise en place d’une logistique efficace, le Sénégal s’annonce s’être approché de l’autosuffisance dans la culture des oignons des pommes de terre. En côte d’Ivoire Les autorités ivoiriennes mesurent assez bien les enjeux et l’importance de relever le niveau de transformation de toutes ces spéculations agricoles. Leur ambition se traduit par l’objectif assigné au second PND, celui de 2016-2020, censé conduire le pays vers l’émergence. La Côte d’Ivoire n’a que deux produits qu’elle parvient à transformer en intégralité. Il s’agit du palmier à huile et du coton en graine. Pour le reste, les taux de transformation varient d’une spéculation à une autre – le cacao à hauteur de 30%, et moins de 5% pour les autres produits d’exportation comme l’anacarde, le café, l’hévéa, la mangue et l’ananas. Lorsqu’on compare le pays à deux autres gros producteurs de noix de cajou comme le Ghana et le Nigeria, l’écart est considérable. Ces deux Etats africains transforment actuellement 40% de leurs noix de cajou. Elle reste néanmoins leader dans la production de certains produits agricoles.

Les transformations commencent à se matérialiser dans certaines régions d’Afrique. C’est ainsi que l’on peut noter au nombre des exemples de transformation de l’agriculture dans certains pays africains, l’enregistrement des agriculteurs nigérians et la distribution des intrants agricoles à ceux-ci, l’extension de la floriculture en Éthiopie, l’essor de l’horticulture au Kenya, l’amélioration des rendements du riz au Sénégal et au Mali, la réduction rapide et substantielle de la malnutrition au Rwanda, l’intégration verticale et la transformation des produits agricoles au Maroc, ainsi que la production de coton au Burkina Faso.

DES MESURES ET STRATEGIES SUR LES RAILS

En dépit des nombreux obstacles à surmonter par la communauté africaine, des améliorations sont observées dans des pays cités ci-dessus. Cependant bien qu’encourageantes elles restent néanmoins suffisantes, car la plupart doivent améliorer ou créer de nouvelles stratégies afin de satisfaire la demande intérieure et extérieur. De ce fait les stratégies mises en place ont pour points directeurs, la mise en place de partenariats entre les différentes entités à savoir les partenaires du développement, ls entités du secteur privé, les institutions communautaires et ls entités de la société civile, la réalisation d l’augmentation de la valeur d la production, l’augmentation des investissements dans les infrastructures physiques et immatériels facilitatrices, et la promotion des flux de financements visant l’agriculture. L’agenda pour la transformation de l’agriculture accordera la priorité à l’inclusion des petits exploitants agricoles et des jeunes, ainsi qu’à l’avènement d’une nouvelle génération d’agriculteurs. Des initiatives que la Banque Africaine de Développement (BAD) devra coordonner et diriger. Entre 2011- et 2015 celle-ci a investi près de 612 milliards USD et prévoit un accroissement des investissements à hauteur de 2,4 milliards USD. On ne peut que rester optimiste.

Une excellente occasion se présente d’examiner sous un jour nouveau les coûts sociaux et économiques actuels liés à la faible productivité du secteur de l’agriculture. Ce qui a été jusqu’ici une relative faiblesse pour le continent africain peut être redéfini comme un atout et, plus important encore, une des solutions les plus rapides pour nourrir et employer des millions de personnes et les sortir de la pauvreté. La transformation agricole s’est révélée une entreprise complexe, mais elle est de plus en plus comprise à mesure qu’apparaissent des poches d’interventions couronnées de succès à travers le continent.

 

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