CARBONE (FILM)

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Le nouveau film d’Olivier Marchal, relate l’histoire vrai des « caïds du CO2 », tendance noir charbon, l’histoire se passe entre 2008 et 2009 et coûte à l’Union Européenne 6 milliards d’euros.

L’idée se voulait innovante, pour limiter l’émission des gaz à effet de serre, l’Etat français crée en 2007 un grand marché des quotas carbone, BlueNext. Chaque année, des quotas étaient attribués aux entreprises les plus polluantes, qui pouvaient les revendre si elles n’avaient pas atteint leur plafond ou racheter ceux des entreprises qui n’avaient pas dépensé les leurs.

Le marché s’ouvre à toutes les sociétés, qu’elles soient ou non identifiées comme pollueuses. Sans contrôles sur la réalité des acheteurs et des vendeurs. On institue une TVA sur ces quotas achetés hors taxe et revendus toutes taxes comprises, l’Etat se chargeant d’avancer la TVA.


Le fonctionnement de l’arnaque :

Les auteurs appartiennent pour la plupart au milieu juif des quartiers populaires de Paris et sa banlieue. Ils connaissent l’arnaque à la TVA, ils jouent sur les taux, prêt à porter, téléphonie (…) tout y passe, cependant cette arnaque est considérée comme la plus facile pour certains, aucun stock, tout est immatériel et l’Etat reverse lui-même la TVA à ces sociétés écrans détenues par les commanditaires.

Le but de l’arnaque est d’assurer la plus grande part de marché, il faut multiplier les sociétés, trouver les gérants de paille : on recrute les retraités, les clochards, la famille, que l’on accompagne dans les banques afin d’ouvrir les comptes en banque dans des paradis fiscaux.

Seule la suppression de la TVA sur les droits à polluer, en juin 2009, mettra fin au désastre.


Le 9 décembre 2009, Europol, l’organisation européenne des polices, publie un communiqué dévastateur :

Le marché européen des échanges de quotas de CO2 a été victime d’échanges frauduleux depuis dix-huit mois. Dans certains pays, jusqu’à 90 % du marché du carbone était le fait d’activités frauduleuses. »

La société qui ressort le plus dans ce dossier est «  crépuscule », c’est le nom d’une société de courtage présente sur Blue Next, la bourse de quotas carbone mise en place par la Caisse des dépôts et consignations.
Un courtier en apparence légal autour duquel gravitait un réseau d’une douzaine de sociétés défaillantes permettant d’acheter des quotas HT à l’étranger pour les revendre TTC en France sans jamais reverser la TVA à l’Etat.
L’affaire est doublement emblématique. D’abord parce qu’elle implique plusieurs personnalités figurant en bonne place sur “l’album Panini du CO2”, selon l’expression des deux procureurs Patrice Amar et Bruno Nataf : Grégory Zaoui, Cyril Astruc, Eddie Abittan, Richard Touil… Des noms qui reviennent dans plusieurs affaires du même type, le premier passant aux yeux de certains comme le cerveau de l’escroquerie, le deuxième comme le principal bénéficiaire, deux titres de gloire qu’ils contestent par ailleurs. 
Ensuite parce que les aigrefins de Crépuscule font partie des précurseurs à avoir infiltré à l’époque cette nouvelle place boursière française pour mettre en place des carrousels de TVA. Avant d’être imités par d’autres équipes d’escrocs. On peut donc voir Crépuscule comme l’aube de cette escroquerie massive ayant coûté à l’Europe 6 milliards d’euros.

L’épisode Neyret :

A Lyon, le commissaire Michel Neyret, ancien patron de l’antigang, est une figure à laquelle on doit l’arrestation de plusieurs gros trafiquants. Il est proche, parfois trop proche de ses informateurs.

Pour les escrocs du carbone, le grand flic ne tarde pas à être une proie de choix. En échange de quelques renseignements, ils en obtiennent d’autres, bien plus importants, sur les enquêtes en cours ou les mandats d’arrêt internationaux lancés contre certains d’entre eux. Ils convient Michel Neyret à leurs fêtes, voyages (etc..) et finissent par lui proposer de déposer un joli magot sur un compte bancaire en Suisse pour sa retraite.

Le 13 Septembre 2017, le tribunal de grande instance de Paris à tranché, des peines allant jusqu’à neuf ans de prison et un million d’euros d’amende.

Tous les condamnés devront par ailleurs verser solidairement à l’Etat quelque 146 millions d’euros de dommages et intérêts, équivalents au préjudice de cette fraude qui s’est déroulée entre avril 2008 et mars 2009.

Bibliographie :


Carbone Connexion, le casse du siècle, Aline Robert. Max Milo, 2012 ;

Commissaire Neyret, chute d’une star de l’antigang, Richard Schittly. Tallandier. 2016 ;
Casse du siècle : l’incroyable histoire d’Arnaud Mimran et Marco Mouly, Vanity Fair. 2016 ;

Procès de l’escroquerie du siècle, Vincent Monnier. Le nouvel Obs, 2017

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