Avril : généralement un mois d’inflexion de tendance des actions ?

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bear and bull on the scales on a white background. foreign exchange concept

Du fait que nous approchons le mois de mai, il est opportun d’analyser la célèbre phase « Sell in may and go away » assez rependue de façon informelle dans le domaine de la finance de marché.

Egalement appelé le « Halloween indicator », il s’agit d’un phénomène appuyé sur un constat (issu de l’observation ex post des données des marchés) selon lequel pour les marchés actions, la période de novembre à avril d’une année civile octroie un rendement moyen plus élevé que la période Mai-Octobre.

Le constat est admis dans l’étude de Bouman et Jacobsen (2002) qui ont identifié ce phénomène sur 36 des 37 pays sur lesquels portaient celle-ci.

En outre, cela a été relayé par un certain nombre de praticiens, nous pouvons citer l’exemple du livre « Beating the Dow » de Michael B O’Higgins et vérifié empiriquement par les backtestings du gestionnaire de portefeuille Mebane Faber (qui par ailleurs a souligné une récurrence de ce phénomène depuis les années 50).

Les académiciens quant à eux dans leur majorité ont eu tendance a évincer l’étude de ce phénomène puisque cela contredit les principales hypothèses classiques de la finance. Ainsi, le consensus académique souligne le fait qu’il s’agisse d’une anomalie.

Quant au mois d’avril, qui correspond généralement au dernier mois positif de la période « Novembre-Avril », quand on observe numériquement les données des principaux indices Américains depuis 1960 on s’aperçoit que 41 mois d’avrils ont été négatifs contre 70 mois positifs. Historiquement donc, seulement 37% des mois d’avrils ont été perdants !

La stratégie communément utilisée en adéquation avec ce constat consiste a vendre ses actions déjà détenues en portefeuille en mai (après le mois d’avril qui serait le mois de retournement) pour se repositionner à l’achat vers la période d’Halloween (début novembre), d’où la désignation « Halloween indicator ».

Une étude datant de 2012 effectuée de 1970 à 2011 publiée par le Social Science Research network a déduit que le fait de vendre ses actions en mai et de se retirer des marchés dans l’optique de rachats en fin d’année était un bon conseil, l’étude concluant qu’en moyenne les rendements sont globalement 10% plus élevés de novembre à avril comparativement à la période Mai-Octobre.

Etant donné la nature de ce phénomène, on peut formuler certaines hypothèses pour expliquer les meilleurs rendements de la période Novembre-Avril par rapport à Mai-octobre:

Entre mai et juin les opérateurs sont exposés à la saison des dividendes (pour les entreprises cotées sur le CAC40) et on a donc « mécaniquement » un amoindrissement général de la valeur de l’indice.

Entre juillet et septembre il y a moins d’opérateurs sur les marchés du fait des vacances d’été.

Septembre : Etant le mois de la « remise sur pied » de l’ensemble des activités économiques, les opérateurs seraient donc attentistes, vis-à-vis de l’émergence d’un trend global sur les marchés.

Le phénomène étant rependu et connu des esprits, en absence de décisions imperturbables et par manque de convictions ou par déviation à leur discipline de trading ou par mimétisme, les opérateurs auront tendance a rester en dehors du marché pour la période Mai-Octobre.

Toutefois, le fait de mettre en place la stratégie évoquée fait perdre énormément d’opportunités aux investisseurs. Rappelons qu’une année de plus-value boursière peut s’effacer sur quelques séances et l’importance capitale du timing (sans parler de la vitesse d’exécution, car cela nous ferait dériver au high frequency trading).

Etant donné que le « momentum » de l’année 2014 semble s’être détaché avec le dégonflement de la bulle sur les valeurs technologiques et biotechnologiques à Wall Street, que l’année 2013 a été exceptionnellement rémunératrice sur les marchés actions et que la FED va progressivement diminuer le rythme de rachats des bons du Trésor Américains, il semblerait qu’à priori nous ayons encore cette année une confirmation du fait que la période Mai-Octobre soit moins rémunératrice et in fine une nouvelle validation du « sell in may and go away ».

Néanmoins, les effets de la réduction du quantitative easing de la FED, de l’accroissement du déficit commercial du Japon, du ralentissement de l’économie Chinoise ainsi que de l’émergence d’un éventuel quantitative easing de BCE ne doivent pas être négligés.

Enio DARIU

 

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