Julien DELMARREDecember 3, 2018
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3min690

 

Titre du livre de Michael Lewis sortie en 2010, ce film sort en 2015 et regroupe pas mal de bons acteurs: Brad Pitt, Christian Bale, Ryan Gosling, etc.

Le film retrace le destin de quelques personnes qui ont vu la crise des Subprimes (2007) et la crise bancaire et financière qui a suivi en automne 2008. Nous voyons tour à tour, un gestionnaire d’un fonds spéculatif qui découvre en 2005 que le marché de l’immobilier résidentiel américain est précaire et devient de plus en plus dangereux. Comment fait-il pour voir cela? Il observe que le marché tient sur la distribution de prêts non garantis et que la rentabilité de ces prêts baisses donc pour continuer de financer le marché, il faut absolument prendre des prêts de plus en plus risqué afin de faire perdurer le système. C’est ce que les CDS (Credit Default Swap) ont caché pendant longtemps. La façade des CDS, avec des rendements très très intéressants (on parle à cette époque de rendements de plus de 20% minimum) avec un sous-jacent triple A (AAA) donc sûr à 99% contre un risque de contrepartie.

Ce personnage parie donc, contre l’opinion générale, à la baisse des marchés. Il signe donc des contrats sur la chute future des marchés financiers. Et c’est à ce moment-là, qu’on voit deux nouveaux protagonistes qui s’intéressent à son raisonnement et voit, comme lui, que le marché est pourri jusqu’à l’os. Ils vont donc, eux aussi, parier à la baisse.

Le film montre le raisonnement, l’économie autour, l’engouement des foules pour les prêts, les marchés des actions, les CDS, etc. Et la fin tragique qui semble, au fur et à mesure où l’on avance dans le film, inévitable. On assiste à la fin des prêts immobiliers, de l’euphorie boursière, de l’économie mondiale.

Un film que je conseille pour des personnes ayant au préalable des bases financières, car il est assez ardu pour de parfaits néophytes. Les termes sont des fois techniques, même si le film tente à certains moments de nous l’expliquer en vulgarisant certaines notions (le CDS notamment). Des recherches au préalable sont, pour moi, nécessaire afin de bien suivre le fil de l’histoire et de bien comprendre les étapes de la chute de ce monde sans risque qui faisait gagner à tous les coups.


Julien DELMARRENovember 24, 2018
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4min1310

Si vous avez connu la crise des Subprimes, vous avez dû tous entendre parler de Mr Bernard Madoff. Il fut condamné à purger une peine de prison de 200 ans en 2009 pour avoir été le créateur de la plus grosse escroquerie financière de tous les temps. Il a créé une bulle financière d’un montant de 65 milliards de dollars américains grâce à un système de Ponzi.

Le film, The wizard of lies (le magicien des mensonges en traduction française) retrace l’histoire et surtout nous informe du comment à fait pour mentir à tout le monde. On retrouve le grand acteur Mr Robert de Niro dans le rôle principal. Il fait une belle interprétation, à mon sens, en jouant (il est vrai sans trop forcer) une personne froide, calculatrice et stressée.

Ce film nous invite à voir l’éclatement du scandale à l’intérieur de sa famille et de sa société. On y voit l’éclatement, la colère, le mensonge, la désillusion, etc.

Personnellement, je trouve que ce film est assez bon et nous montre une chose que les journalistes ont selon moi omis lors de son procès: sa réputation. En effet, on y apprend que Mr Bernard Madoff n’était pas un simple millionnaire, milliardaire et gros gérant d’un fonds. C’était une véritable légende. Et c’est d’ailleurs lors d’une confrontation entre la SEC (Securities and Exchange Commision, l’équivalent de notre AMF, Autorité des Marchés Financiers) et l’un de ses fils. ” Vous ne savez pas de quel genre d’homme il était […] il a créé le NASDAQ, dirigé le NASDAQ, président du comité national de la sécurisation et de clearing corporation, de l’Institut international de clearing, FINRA, du NASD […]”. Bref, il fût LE créateur du monde financier que nous connaissons. Les indices, mais également sa sécurisation. Pas étonnant que sa fraude fut possible, car un système de Ponzi n’est autre qu’un système basé sur la confiance. Les gens avaient confiance en lui et l’ont laissé faire. Mais ne jetons pas la pierre sur Mr Madoff pour autant. Lors d’un dialogue avec une enquêtrice il dit à juste titre que ses clients qu’il a arnaqués sont aussi coupables et sont en quelque sorte ses complices. Et je trouve qu’il a raison. Rendez-vous compte, il proposait un rendement, quelle que soit la conjecture économique, le prix de l’immobilier, crise ou pas crise, de 50% non pas par an mais en 90 jours. C’est-à-dire, que vous donniez de l’argent à Mr Madoff vous aviez au bout de 3 petits mois un retour sur investissement de 50%. Soyons sérieux, les arbres ne montent pas jusqu’au ciel.

Un film intéressant, qui montre les paradoxes de cet homme, le soucis de la confiance en finance et la cupidité des hommes.

 


Julien DELMARREOctober 11, 2018
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5min910

Ces derniers temps, nous avons eu le droit au résumé de la dernière assemblée générale des Nations unies: l’arrogance de Mr Trump d’un côté et la leçon donnée par Mr Macron.

Le président américain a été raillé car il a commencé son discours par faire l’énumération de tout ce qu’il avait réussi à faire sur le point économique. Mais intéressons-nous réellement à ces points et voyons les différences avec l’économie française.

Mr Trump, a été élu avec un programme ambitieux sur l’économie. Création de plus de 25 millions d’emplois, objectif d’une croissance de 4% par an, en moyenne, durant son mandat, etc.

Sur le plan de la croissance économique, l’année 2018 table sur une croissance d’environ 4,2%. Ce chiffre a été confirmé par les excellents résultats du second trimestre américain.

A contrario, Bercy a annoncé revoir à la baisse sa feuille de route pour l’année. L’objectif été placé à 2% et l’on parle d’un (très) difficile 1,7% pour l’année. Bien Sûr, l’on nous parle de la conjoncture économique non favorable avec une forte croissance: hausse du baril du pétrole ou encore les grandes grèves qui ont paralysé le pays.

Soit, donnons la présomption au gouvernement. Mais, un indicateur est très intéressant pour jugé de l’économie (et ceci quelle que soit la conjoncture économique), c’est le sentiment des consommateurs. Cet indicateur donne le ton sur comment se sentent les consommateurs, ménages dans le pays. Ainsi, chaque mois, on interroge les consommateurs, ceci peut nous donne le pouls du secteur économique vis-à-vis du pays, de la conjoncture, de la politique, des incertitudes, des projections, etc.

L’indice américain est le Conference Board, il est actuellement à 138,4 (chiffres de septembre 2018). Ce qui le place à des chiffres de son année record: 2000. Jamais on n’avait vu une telle dynamique depuis près de 20 ans. Les Américains sont sereins, consomment, ce qui relance l’économie et permet de faire baisser le chômage. Ce qui lui-même permet d’augmenter les rangs des consommateurs, etc. Les Etats-Unis sont donc actuellement dans un cercle vertueux. Et il n’a jamais été aussi grand, depuis le début des indicateurs.

Parallèlement, la France, l’indicateur d’Eurostat et même l’on peut élargir avec l’indice allemand qui rythme le sentiment européen, le ZEW sont en chute libre. Puis, le début de l’année 2018, on a perdu presque 5 points de confiance. Une première depuis 2012.

De plus, la situation est plus inquiétante côté français avec la tenue du déficit public et de la dette publique. La France a annoncé, même avec une accélération de l’économie française lors du dernier trimestre, le déficit annoncé (et imposé par Bruxelles) de 2,3% ne sera pas atteint. On parle de, minimum, 2,6%. Ce qui risque de faire atteindre la barre de notre dette nationale à 100%. C’est-à-dire, qu’il faudrait un an de PIB pour rembourser l’intégralité de notre dette. Une barre symbolique qui fait peur aux marchés financiers et à Bruxelles.

Pour ne pas atteindre cette barre la France a même annoncé le plan (#Pacte)  de vendre ses participations dans trois de ses joyaux: la Française des Jeux (FDJ), Engie et l’Aéroport de Paris (ADP). Ce désinvestissement permettrait d’obtenir plus de 10 milliards d’euros. 10 milliards qui serait indispensable pour passer l’oral à Bruxelles et rassurer les marchés financiers.  


Julien DELMARREDecember 17, 2017
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3min590

La question est sans cesse demandée sur les réseaux ou sites spécialisés en financer par les nouveaux épargnants qui souhaitent optimiser leurs trésoreries: faut-il faire confiance aux gérants, qui grâce à leurs gestions vous permettent de gagner plus d’argent? Ou à ces nouveaux logiciels souvent indexés (basé sur) un indice? En effet, la question se pose souvent, grâce notamment à notre technologie avancée et surtout au vu des marges prises par nos gérants.

Cette question trouve une réponse dans l’actualité et ceci de manière assez radicale.

Début du mois, cela faisait 10 ans que “l’Oracle de l’Omaha”, Mr Warren Buffet, avait fait un pari avec la société Protege Partners LLC sur ce sujet. Il avait anticipé que les investisseurs devaient davantage se prémunir d’un tracker indixé sur un indice afin d’optimiser leurs gains, tant en conservant l’avantage de ne pas être matraqué par les commissions gigantesques des gérants. Le pari était pourtant risqué au vu des performances de la société  Protege Partners LLC sur les dix dernières années. En effet, celle-ci avait enregistré, grâce à son fonds indiciel Vanguard S&P 500 enregistrerait des performances supérieures à celles de plusieurs groupes d’ “hedge funds” sur la décennie 2007-2017.

Mais il y a quelques jours, le verdict est tombé et encore une fois, le multimilliardaire Warren Buffet a encore gagné son pari. Il note sur sa lettre mensuelle adressée aux actionnaires de sa société  Berkshire Hathaway, que si vous aviez misé sur un fonds indiciel vous auriez fait, dans la décennie, +85,4% de plus-value. Alors que si vous aviez fait confiance à des gérants vous auriez fait une plus-value dans un spread de +2,9% à 62,8%. Mais ce n’est pas fini. Il ajoute qu’en plus que ce delta de performance vous auriez dû payer une commission beaucoup plus grande à vos gestionnaires que si vous leur aviez demandé de vous prendre un fonds indiciel.

C’est pourquoi, il explique que ceux qui gagnent réellement dans la gestion, ce ne sont pas les petits ou moyens porteurs, mais bien ces gérants qui prennent (à la hausse ou à la baisse) des commissions appelées de gestion ou tenues de compte.

Alors si vous voulez une réponse claire, nette et sûre. Faites confiance au troisième homme le plus riche du monde en 2016: “les investisseurs, petits et grands, devraient s’en tenir aux fonds indiciels à bas coûts.”


Julien DELMARRENovember 17, 2017
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9min550

Ces derniers temps l’on entend parler par tout le monde, que cela soit des néophytes ou bien les plus grands de la finance de marché parler d’un seul et même sujet: la crypto-monnaie. Et plus particulièrement de son fer de lance: le Bitcoin. Ce dernier cristallise à lui-même, les pires craintes, ou à l’inverse les meilleures espérances dans un monde où les banques centrales et les banques ne jouent plus leurs rôles. Intéressons à ce phénomène.

Le bitcoin est une crypto-monnaie, c’est-à-dire, une devise utilisable sur internet. Ce n’est donc pas une vraie devise telle que l’est le dollar ou l’euro. Son attrait est d’être décentralisé ainsi l’on annule le risque de contrepartie avec “la domination américaine”. Cette peur que l’administration américaine suive notre vie fut le leitmotiv des créateurs des cryptos, ainsi l’on peut créer une monnaie sans pour autant être contrôlé. À la base ce genre de monnaie a trouvé écho aux personnes du black internet et des trafiquants de drogue, d’armes, d’humains, etc. afin de “légaliser” leurs monnaies. En effet, le bitcoin a une valeur intrinsèque et un taux de conversion par rapport à une devise officielle. Les échanges étaient donc possibles.

La première cotation BIT/USD date du 5 octobre 2009, à cette époque le taux est de 0.000764 $. Ce phénomène aurait pu rester dans l’oubli telle une mode ou un système d’initié voué à disparaître car il ne serait alimenté que par des voyous et des criminels. Mais aujourd’hui le bitcoin est à  11.200$ pour la cotation du 29 novembre 2017. Comment cela a-t-il pu arriver?

Regardons de manière empirique son évolution. Il a mis plus de 1.300 jours pour dépasser le taux de 1.000$, il faut attendre environ 1.000 jours pour le voir passer le seuil des 2.000$, il met plus de 1.100 jours pour atteindre les 3.000$ et puis une fulgurante accélération moins de 500 jours pour dépasser les 4.000$, 150 pour aller à 5.000$, moins de 100 pour perforer les 6.000$, etc. Aujourd’hui, il a dépassé les 10.000$ monte jusqu’à 11.000$ personne ne sait où il va s’arrêter. Certains analystes l’annonce à 40.000 d’ici décembre 2018.

Le phénomène bitcoin a pris de l’importance au moment du Brexit. Le 24 juin 2016, à la lecture du vote des Britanniques de quitter l’Europe, toutes les bourses mondiales chutaient de deux chiffres en moyenne. Alors que dans le même temps le Bitcoin prenait +9%. Depuis, les autorités mondiales discutent de plus en plus de la possible légalisation de cette crypto. Et c’est cette brèche qui a fait accélérer le cours du bitcoin. Le premier jour de cette année il dépasse la barre symbolique des 1.000$. Malgré les “tentatives” de la banque de Chine et quelques autres grandes banques de déstabiliser le bitcoin, il repart à la hausse car il n’est pas totalement exclu du futur boursier. À  tel point, que le 6 juin , après avoir donné sa position contre le bitcoin, cela faisant chuter le cours du bitcoin de plus de 30% en Janvier, la Banque de Chine accepte à ses plateformes d’utiliser le bitcoin comme moyen de paiement. Dernièrement même Goldman Sachs a annoncé, au travers de son PGD Lloyd Blankfein, qu’elle allait créer un desk spécialisé sur le bitcoin et ainsi traiter massivement dessus.

L’avenir du Bitcoin alimente toutes les interrogations. Certains le voient s’écrouler après avoir dépassé la barre des 11.500$, d’autres au contraire le voient monter sans relâche jusqu’au seuil des 40.000$ en décembre 2018! Qui croit? Que faire si jamais l’on est un investisseur? Où se positionner? Long? Short?

Avant de donner un avis sur la question intéressons-nous un peu à l’histoire de la finance de marché. Comme l’a montré l’économiste et mathématique soviet Nikolaï Kondratiev, l’économie réagit par vagues cycliques. Le marché aurait une mémoire et de ce fait, inévitablement notre futur ne serait qu’un passé qui resurgit ponctuellement. Le phénomène Bitcoin est décrié et souvent comparé à une bulle. Une bulle est un processus plus ou moins long qui fait porter les valeurs boursières à la hausse sans sous-jacent particulier. On parle d’une hype. Cette hype leurs permet de monter monter et monter. Problème, les arbres ne montent pas jusqu’au ciel et forcément à un moment notre bulle éclate et là c’est la chute des valeurs. Nous avons connu bon nombre de bulles spéculatives: la bulle internet, la bulle de l’immobilier, la bulle des subprimes, de la dette américaine, de la dette japonaise, etc. En regardant certaines de ces bulles je fus frappé par la ressemblance avec l’une d’entre elles: la bulle de la “tulipomania” de 1622. Ce phénomène reprit ses lettres de noblesse grâce à Gordon Gekko, un investisseur peu scrupuleux mais très intelligent sur l’économie et le marché dans la saga Wall Street.

La Tulipomania a commencé grâce à un engouement infernale de cette fleur provenant de Constantinople. A la base seuls les riches (bourgeois, nobles, rois, princes, etc.) pouvaient s’offrir et planter ces produits de luxe. Puis elle s’est démocratisée grâce aux Arts (notamment la peinture flamande), et tout le monde voulait en produire pour en revendre par la suite. La tulipe provient d’un oignon. Et dans chaque oignon, il y a des bulbes qui peuvent contenir une tulipe. Mais le taux de floraison est très faible. Et en plus, il faut de 7 à 12 années pour produire une tulipe. Cela a donc permis l’apparition des premiers contrats d’options et futurs. Les opérateurs de marché parié sur la valeur de la prochaine floraison dans chaque oignon de tulipe. Et ce titre de propriété a été plusieurs fois transmis de main en main, échangé au rythme des achats et ventes successives. Le marché à terme était né. Mais alors que pendant un long moment les cours des bulbes ne faisaient que montrer, un jour plus personne ne voulait acheter un bulbe et pris de panique toutes les bourses néerlandaises ont vu le cours de la tulipe chuter en flèche et même disparaître. C’est à ce jour, l’une si ce n’est la bulle de spéculation la plus grande que l’Histoire est connues. Hors, si l’on s’intéresse à la courbe de la tulipomanie on observe, la bulle autour de la tulipe aux Pays-Bas, a fait multiplier par plus de 50 fois son prix initial. Récemment un graphique est sorti avec une superposition des différentes bulles de spéculations que nous avons connus. Et on observe (pour le moment en tout cas) une surprenante superposition à l’exacte de la courbe du bitcoin à celle de la Tulipomanie. C’est pourquoi, selon moi, le bitcoin va suivre la même direction que celle de la tulipe. Ce n’est plus qu’une question de temps avant que l’effet autour du bitcoin ne s’essouffle et rince tous les porteurs de cette pseudo devise.

 



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