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Le Général Hiver enflamme certaines valeurs oubliées ou méconnues

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Trump est dans tous les esprits mais le « Général Hiver » a ouvert un front en Europe et le froid s’attaque à tous les corps vivants.

Une deuxième vague de froid vient de toucher l’Europe, continent qui avait précédemment bénéficié de trois hivers particulièrement doux.

Les températures atteintes ne sont pas totalement inusuelles, ni dramatiques, sauf pour les milliers de sans-abri qui accompagnent nos cohortes de chômeurs. En revanche, si dans l’ensemble, nos sociétés ont su se montrer « résilientes » quelques remarques s’imposent pour nos métiers.

Si les valeurs d’énergie ont régi comme il se devait, il est clair pour la France, dotée d’une industrie nucléaire de pointe, que le marché de l’électricité jette une lumière crue sur les décisions politiques des dernières années tant au niveau européen qu’au niveau français. Le secteur de l’énergie a toujours correspondu à des cycles d’investissement longs et est caractérisé par une intensité capitalistique forte, y compris pour les énergies renouvelables. Il est clair que quelques capacités supplémentaires ne seraient pas superflues et cela dans de manière régulière, les énergies renouvelables ayant un défaut en particulier, la non permanence de la production. En effet, la société contemporaine n’a cessé de devenir plus tributaire de la « fée électricité ». Mode des voitures électriques, appareils électroniques en tout genre, connectés ou non. Avec de plus des systèmes critiques qui en dépendent : sécurité, santé… contrairement aux usages de « confort » du siècle dernier. La France est particulièrement tributaire de cette énergie secondaire qui nécessite une grande masse d’énergie primaire que 40% environ des logements est chauffé à l’électricité. Mais Areva et EDF ont des problèmes spécifiques qui amènent les investisseurs à être réticents à jouer le thème d’investissement du froid à travers ces valeurs.

En revanche, on trouve en bourse des valeurs moyennes qui sont également favorisées par la vague de froid.

L’alimentaire est un secteur où les comportements se modifient fortement lorsque les températures varient brutalement. Une période grand froid surenchérit les produits frais et les consommateurs se tournent vers les plats préparés et les conserves. Bonduelle est la première valeur à laquelle on pense. Mais il ne faut pas oublier Tipiak, valeur trop souvent oubliée, alors qu’elle se distingue par la régularité de sa gestion, la qualité de son marketing et l’innovation permanente. Fleury Michon dans une moindre mesure peut en bénéficier tout comme le distributeur Toupargel du fait des hésitations des consommateurs à se déplacer.

La santé est concernée avec Boiron. La très forte pathologie grippale a entraîné une très forte demande pour son produit Oscillo. Il n’est pas certain que le cours prenne complétement en compte l’impact sur la rentabilité de ce produit phare.

Enfin, les valeurs liées au chauffage sont les premières concernées. Surtout après trois hivers cléments qui ont eu pour effet non seulement de déprimer les cours mais aussi de plonger dans un oubli relatif. Deux valeurs se distinguent.

Le distributeur Thermador est bien placé car le froid entraîne une usure prématurée des équipements ou fait prendre conscience d’insuffisances à palier. La société dynamique bénéficie d’une gestion exemplaire.

Cogra, qui produit des granulés pour les poêles à bois mais distribue également des poêles sophistiqués, est directement concerné puisque la hausse de la consommation se répercute immédiatement sur ses ventes. Or depuis trois ans, les stocks s’accumulaient du fait de la clémence de la météo. Et la société a supporté des surcoûts, dont la location de stockages supplémentaires. Et un sous-emploi de capacités de production à la pointe par rapport aux concurrents. La chute brutale des températures a totalement inversé la situation. Les stocks ont fondu et les prix se sont repris dans tout le secteur. Les capacités de production sont utilisées de manière optimum. Les résultats devraient se redresser à des niveaux qui n’avaient plus été vus depuis quatre ans. Et le cours suivre. Pour les amateurs d’effet de levier, il existe un bon de souscription (0.08 euros) dont le prix d’exercice est de 6,50 euros alors que le cours de l’action gravite autour de 6 euros et n’a pas encore réellement progressé au regard du potentiel d’amélioration des marges. La valeur théorique du bon en utilisant la formule de Black&Scholes est de 0.143 euros.

L’autre valeur favorisée est Poujoulat. Cette société innovante et bien gérée se situe dans le domaine des équipements pour l’essentiel et depuis quelques années dans du bois de chauffage à haute performance et des systèmes photovoltaïque. Dans le domaine du bois, l’activité a été lancée récemment et n’était pas aidée par les hivers doux. Cette année, l’investissement a toutes les chances de s’avérer payant avec probablement des gains de parts de marché. Dans le même temps, le leader européen des conduits de cheminée et des sorties de toit métalliques verra son activité propulsée par la nécessité de mise à niveau révélée par les températures très basses.

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Antoine NODET

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