Le développement de la microfinance en Afrique

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Les origines de la microfinance

La microfinance a existé sous différentes formes depuis bien longtemps. Cependant, on considère généralement que la microfinance « moderne » est apparue au milieu des années 1970 en Asie et en Amérique latine. On retient en priorité l’exemple du Bangladesh et de la Grameen Bank fondée en 1978 par le Dr Muhammad Yunus, professeur d’économie à l’université de Chittagong. Le Dr Yunus cherchait une réponse concrète à la crise famine que traversait alors son pays.

A l’aide des travaux pratiques réalisés avec ses étudiants sur les théories de l’investissement, ce brillant économiste bangladais découvre l’extrême indigence financière de ses concitoyens fabricants de tabourets en bambou qui n’ont aucun moyen de constituer des stocks de matières premières. Leur besoin en crédit est pourtant infime : 27 dollars en tout pour 42 paysans qui ne peuvent avoir accès aux banques. Leur ayant prêté cette somme de sa poche, il peut découvrir combien leur activité augmente, lorsqu’ils peuvent acheter d’avance la matière première, échappant ainsi aux fluctuations importantes des prix. Il va formaliser cette expérience en créant en 1976 la Grameen Bank (la « banque de village ») qui propose des prêts aux populations pauvres du Bangladesh et dont le succès va inspirer de nombreuses autres expériences à travers le monde.

La « banque de village » est née et popularise le crédit solidaire, un crédit alloué à un groupe dont chacun de ses membres est solidaire des autres, pour le mettre à profit et le rembourser. Désormais des bureaux de la Grameen Bank sont présents dans plus de 80 000 villages, et compte plus de 6 millions d’emprunteurs. En 2006, le professeur Yunus a reçu le prix Nobel de la Paix.

La microfinance est considérée aujourd’hui comme l’outil le plus prometteur dans la lutte contre la pauvreté et l’exclusion bancaire. Par l’octroi de microcrédits, la collecte d’épargne, l’offre de microassurance, les institutions de microfinance (IMF) renouvellent l’activité financière par des pratiques aussi innovatrices que les crédits solidaires. Cependant, les impacts réels de la microfinance restent à confirmer, l’évaluation de ses effets sur les populations ciblées se heurtant à de nombreuses difficultés. Le développement futur de la microfinance reste pourtant conditionné à sa supériorité par rapport à d’autres outils dans l’atteinte des objectifs qui lui sont assignés. D’où la nécessité d’élaborer des études plus rigoureuses sur les impacts, et de mûrir la réflexion sur les sources de financement des IMF dans un contexte d’essor de la finance éthique et de l’investissement socialement responsable.

Objectifs de la microfinance

La microfinance met en place des produits financiers simples et adaptés aux besoins des populations pauvres afin de lutter contre les nombreuses dimensions de la pauvreté. La microfinance fondée sur des motivations telles que celle d’affranchir les populations d’un système informel contraignant, de contribuer à l’émancipation d’une catégorie de populations pauvres (femmes, jeunes…), de fournir des services financiers indispensables à la réussite de programmes plus larges de développement. La microfinance consiste à la fourniture d’un ensemble de produits financiers à tous ceux qui sont exclus du système financier classique (ceux qui ont des revenus faibles et donc qu’on peut qualifier de pauvres) ou formel. La microfinance a pour objectif principal de contribuer à l’amélioration des conditions de vie des pauvres. La microfinance est également un outil indispensable pour combattre la vulnérabilité (un état lié à une chute imprévue des revenus et/ou à une brusque augmentation des dépenses.

La microfinance a pour objectif de palier à la vulnérabilité des populations pauvres en leur octroyant des crédits pour renforcer leurs activités tout en contrôlant celles-ci.

Les limites de la microfinance en Afrique

Après avoir été parée de toutes les vertus : lutte contre la pauvreté, émancipation des femmes, démocratisation des sociétés civiles et de bien d’autres encore la microfinance se trouve souvent aujourd’hui en position d’accusée. Sont donnés à voir des pauvres poussés à s’endetter, incapables de rembourser du fait de taux d’intérêts exorbitants, des femmes délaissées voire battues par leurs conjoints qui leur reprochent leur nouvelle liberté, ou encore des villages déstructurés à la suite de difficultés de remboursement. L’accès à des services financiers doit être considéré comme un droit.

La microfinance peut rapidement alourdir l’endettement familial voire conduire au surendettement. Contrairement à certains préjugés selon lesquels un petit crédit suffirait à susciter des vocations de micro-entrepreneurs, les effets en termes de création d’emploi sont pour l’instant très limités. Les blocages sont tant d’ordre individuel (attachement au salariat, aussi précaire et d’exploitation soit-il, ou à l’agriculture, aussi peu rentable soit-elle) que collectif : monopoles locaux, segmentation des marchés et de l’accès à l’information, débouchés locaux limités faute de pouvoir d’achat.

Les bienfaits de la microfinance en Afrique (études potentiels)

Une étude récente menée par le Bureau du Conseiller spécial des Nations Unies pour l’Afrique estime qu’il est grand temps de redéfinir le rôle de la microfinance dans le développement de l’Afrique. La microfinance n’est pas une formule magique. A elle seule, elle ne peut pas transformer l’économie africaine soumise à diverses contraintes structurelles. Tout en fournissant une gamme de services financiers aux pauvres, y compris des crédits pour les petites et microentreprises, des facilités d’épargne, une assurance, des pensions, des facilités de transfert et de paiement incontestablement attractifs, la microfinance peut contribuer à la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement.

Récemment, l’Afrique a connu une augmentation de ce type de services. Dans les localités qui ne sont pas couvertes, les institutions traditionnelles et informelles telles que la tontine au Cameroun, le susus au Ghana, et les banquiers ambulants au Bénin sont toujours au service des pauvres. Le caractère informel de leur activité limite leur champ d’action, et ils appliquent souvent des taux d’intérêts élevés.

Par exemple, en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Mali, au Sénégal et ailleurs, la vulgarisation des téléphones mobiles a transformé ce secteur, notamment dans les localités qui n’avaient pas de banques. Au Kenya, le transfert de fonds par téléphone portable atteint des niveaux inégalés. Lancé en 2007, le service d’envoi de fonds appelé « M-pesa » comptait à la fin de 2010 plus de 13 millions de clients. Ceux-ci peuvent désormais obtenir des intérêts modestes sur les comptes bancaires mobiles.

Conclusion

Il faut repenser la microfinance en Afrique. La microfinance a drainé de nombreux espoirs sur le continent. Mais de nombreuses pratiques abusives imposent de réétudier le secteur.

Le secteur de la microfinance est né il y a à peine trente ans, adoubé d’une mission de lutte contre la pauvreté que peu pouvaient lui contester.

Offrir des microcrédits à des femmes marginalisées pour les aider à lancer leur propre entreprise semblait une solution aux résultats irréfutables.

Une fois la question des effets réglée, il ne restait plus qu’à créer des institutions pérennes. Les regards se sont détournés des bénéficiaires pour se concentrer sur les institutions de microfinance (IMF), qui devaient être rentables et afficher des portefeuilles de prêt d’excellente qualité.

Il faut remettre les clients au cœur de la microfinance : cela veut dire d’abord comprendre les besoins financiers des pauvres. Ceux-ci n’ont pas seulement besoin de microcrédits productifs à court terme pour financer le fonds de roulement de leur microentreprise. Ils ont aussi besoin et ont déjà accès par des voies informelles à l’épargne, au crédit à la consommation, à l’assurance, aux transferts et aux systèmes de paiement. A l’image de tout consommateur, ils optimisent les fonds et n’hésitent pas à les dévier des objectifs affichés pour répondre à leurs besoins.

Ghislaine TOVIHO

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