La France: Chômage et inégalité vers un modèle plus performant

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Pour stimuler l’emploi des français peu qualifiés, leur garantir un emploi, un salaire décent et leur donner un espoir d’évolution. Il faut former, baisser les charges et s’éloigner de la trappe à bas salaire.

Avec un taux de chômage de 10% de la population active (essentiellement les français peu qualifiés) la France connait un chômage de masse par rapport à ses voisins l’Allemagne et le Royaume Uni qui sont dans une situation de plein emploi selon les experts.

Quelles solutions pour faire face à ce chômage des peu qualifiés ?

Peut-on opter pour une politique de relance de l’activité par la demande ? La réponse est non. Les deux dernières années ont connu une baisse des prix du pétrole en s’établissant à 28.4 Euros (janvier 2016) ce qui a permis de doper le revenu réel des ménages et par la suite le pouvoir d’achat mais cette amélioration a peu d’impact sur la demande intérieure puisque tout simplement l’appareil productif français est en panne et donc ne peut pas répondre à une demande intérieure, ce qui a suscité une hausse de l’importation.

Outre-manche afin d’accroitre l’emploi peu qualifié le Royaume Uni a opté pour la flexibilité et la libération du marché du travail. Les contrats peuvent prendre différents formes : soit un accord écrit ou un accord verbal entre les deux parties (employeur, employé).

Le gouvernement Cameron a procédé à la réforme du droit de licenciement visant à simplifier la procédure (le licenciement peut se faire presque sans aucune justification) et réduire son coût pour les entreprises.

La durée du travail est fixée selon le groupe d’âge, les jeunes de 16 à 18 ans ne peuvent pas dépasser plus de 40H par semaine, alors que pour les adultes la durée est limitée à 48H par semaine. Certaines catégories socio-professionnelles telles que l’hôtellerie, la restauration, les professions libérales… c’est aux entreprises de fixer les horaires du travail ainsi que les modalités de paiement des heures supplémentaires.

Le contrat zéro heure (Zero-hour contract) représente l’évolution la plus marquante du marché du travail britannique, sa particularité principale est que l’employeur ne mentionne aucune durée de travail minimum, ce qui permet à ce dernier de bénéficier d’une réserve de main d’œuvre disponible, à laquelle elle peut faire recours selon l’évolution de son activité.

Ce contrat représente 6% du marché de l’emploi au Royaume Uni selon l’ONS (Office for National Statistics) sans oublier que ce contrat n’offre aucune garantie au salarié au terme du nombre d’heures minimales travaillées.

Ces reformes résultent une baisse du taux de chômage en période de reprise économique et une hausse en période de crise, ce qui ne garantit pas une stabilité pour l’employé. Selon Thomas Piketty : « Le modèle anglo-saxon de salarié jetable n’est pas le seul possible ».

L’Allemagne dispose d’une série de lois qui régule le marché du travail, contrairement à la France qui dispose d’un code de travail (pour information le code de travail en France occupe 3500 pages).

Afin de donner un nouveau souffle au marché du travail le gouvernement fédéral allemand a voté « Les reformes Hartz » de 2003 à 2005.

Ces réformes visent :

  • La fluidité du marché du travail en assouplissant la règlementation à l’embauche et au licenciement.

  • La création des « minijobs » rapportant 400 euros par mois, 15H par semaine exonérés des charges sociales pour les salariés visant la réinsertion d’une catégorie éloignée du marché du travail et des chômeurs de la longue durée.

  • L’amélioration du fonctionnement des services publics et des agences pour l’emploi, via l’encadrement des demandeurs d’emplois, le durcissement des conditions d’indemnisations ainsi que la baisse des charges patronales.

Le bilan de ces reformes n’est pas assez rose, pour l’économiste Daniel COHEN « La quasi-totalité des emplois créés ont été à temps partiel » et par ailleurs cette réduction du chômage n’a pas empêché d’amplifier le niveau des inégalités et de la pauvreté.

Nos deux voisins ont opté pour la flexibilité mais au prix d’inégalités plus élevées.

Généralement le salaire minimum français est élevé par rapport à ses voisins, il représente 62% du salaire médian.

Une réduction du coût du travail, un allégement des charges sociales patronales pour les emplois peu qualifiés ne constituent pas un coût important pour le gouvernement, « une baisse de 10% accroit de 20% le nombre des jobs peu qualifiés » selon Patrick ARTUS, ce qui permet d’avoir un effet immédiat sur l’emploi de cette catégorie.

La trappe à bas salaire est une politique qui favorise la création d’emplois peu qualifiés en multipliant les exonérations de cotisations sociales pour les employés à bas salaires et donc ce sont les cadres qui payent pour les « Smicards » la quasi-totalité de l’assurance maladie.

Cette politique a des effets pervers ; un salarié qui occupe un emploi peu qualifié payé au SMIC risque de rester toute sa vie dans ce type d’emploi, cela est dû à la forte progressivité des cotisations sociales au cas de l’augmentation du salaire d’un employé payé au SMIC ce qui pousse les employés à réfléchir deux fois plus avant de procéder à une augmentation du salaire.

La solution est la formation, le développement des nouvelles compétences afin de permettre à cette population l’accès à des emplois plus complexes. Les pays de l’OCDE tels que (Japon, Pays Bas, Suède, Danemark) ont pu baisser le taux du chômage en augmentant les compétences de leurs employés peu qualifiés. Une preuve comme quoi on peut réduire le taux du chômage sans creuser les inégalités.

Ilias EL AMRANI EL IDRISSI

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