Capital investissement : un exemple de bonne finance ?

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A l’heure où la finance est plus que jamais décriée, où il est devenu très difficile de faire la différence entre la bonne et la mauvaise finance, du moins politiquement, il est important de rappeler l’intérêt de celle-ci.

Beaucoup trop de gens ont tendance à oublier le caractère indispensable de la finance dans le bon fonctionnement de notre économie, pour leur défense, il est vrai que la crise est passée par là et que le secteur financier compte en son sein de nombreux membres qui ne participent pas vraiment à redorer son blason. Messieurs Kerviel et Madoff n’ont pas arrangé les choses et ce, peu importe l’avis que l’on a les concernant. Les exemples ne manquent pas pour ceux qui veulent voir cette activité comme néfaste et les raisons peuvent être nombreuses mais l’une des principales, et c’est une évidence, est simplement que l’on parlera toujours plus de celui qui cumule les escroqueries dans son travail que celui qui fait 100 heures par semaine assis derrière son bureau sans faire de vague.

Depuis l’essor de la finance dans les années 70-80, cette dernière s’est complexifiée à tel point que les non-initiés en viennent même à douter de son utilité et de la pertinence de sa place dans la société. Ils entendent parler de marchés financiers, de Hedge Funds, de risk management, et de bien d’autres termes tout aussi abstraits et incompréhensibles comme si on voulait les écarter davantage de ce monde à part et c’est ce qui participe à rendre ce dernier obscur et à alimenter la défiance grandissante vis-à-vis des financiers et de leur activité. Pourtant la finance est loin des préjugés et des fantasmes entretenus par certains et il est donc primordial de rappeler son rôle dans un monde de plus en plus globalisé le moindre événement économique ayant lieu à New york à 9h se répercute immédiatement à Paris à 15h00.

Car la finance est bien là avant tout pour financer l’économie, définition évidente et pourtant souvent oubliée, et ce, à tous les niveaux, de la petite entreprise jusqu’aux Etats et dans toutes les zones géographiques. Elle permet d’apporter et de faire circuler les capitaux vers les acteurs économiques qui en ont besoin pour se développer. Il existe d’ailleurs des activités qui correspondent parfaitement à cette définition et plus particulièrement une : le capital investissement.

Qu’est-ce que le capital investissement ?

Le capital investissement que l’on peut entendre également sous l’appellation de private equity, est une activité qui s’effectue généralement par le biais d’une société d’investissement, laquelle prend des participations au capital d’une société qui a besoin de fonds propres. Il s’agit généralement d’entreprises dont le capital est fermé, c’est-à-dire non côtée en bourse et qui ne peuvent donc pas faire appel à l’argent public pour se développer.

Il existe plusieurs façons d’investir dans le cadre du capital investissement, tout dépend de la stratégie employée par l’investisseur elle-même liée à la situation dans laquelle se trouve l’entreprise.

Les enjeux du capital investissement

Le capital investissement peut donc être décomposé en quatre stratégies :

  • Le Capital risque ou capital innovation :

Cette stratégie consiste à investir dans des sociétés qui sont au stade de projet ou bien qui viennent juste d’être crées et qui ont besoin de capitaux pour mettre en place leur activité, il s’agit généralement de secteur à fort potentiel comme les nouvelles technologies ou les biotechnologies.

On parle de capital risque car il est évident qu’investir dans des entreprises en création est dangereux; c’est durant cette période que la nouvelle société est le plus susceptible de faire faillite.

Le but de l’investisseur est d’obtenir un fort rendement avec les entreprises qui vont se développer, lui permettant de couvrir largement les pertes causées par les éventuelles faillites. Dans ce cas de figure le risque de perdre l’intégralité de son investissement de départ est relativement important contrairement à des placements dans des actions de grandes entreprises où le risque de faillite est quand même plus faible.

Dans d’autres pays que la France, le capital risque est parfois traduit par Venture Capital et est donc plus perçu comme une « aventure entrepreneuriale » qu’un simple investissement financier.

  • Le Capital développement :

Il s’agit dans ce cas de rentrer dans le capital d’entreprises déjà créées et qui ne rentrent donc plus dans le cadre du capital risque mais qui ont besoin d’accélérer leur croissance par le biais de nouveaux capitaux soit pour un développement interne en finançant par exemple leur besoin en fonds de roulement ou en augmentant les fonds alloués à la recherche et au développement soit pour un développement externe par le biais d’acquisition.

Ce type d’investissement présente un risque plus faible que dans le cas du capital risque puisque les sociétés en question possèdent déjà une activité et donc une clientèle. En revanche, elles ont également validé une partie de leur potentiel ce qui laisse présager d’un retour sur investissement plus faible.

-Le Capital transmission :

L’investisseur intervient dans le cadre d’entreprise mature et cherche généralement à acquérir la totalité du capital de la société que le ou les dirigeants cherche(nt) à transmettre.

Ce type d’activité permet de préparer la succession de l’entreprise.

  • Le capital retournement :

Cette stratégie d’investissement diffère légèrement des autres puisqu’il s’agit dans ce cas d’entreprises en difficulté et l’apport de capitaux a pour but de sauver cette dernière par le biais d’un plan de financement. L’acquéreur de la société en prend généralement le contrôle afin de pouvoir y apporter ses propres choix stratégiques pour sauver l’entreprise.

Le cycle d’intervention du capital investissement

Source : sicavonline.fr

Le rôle du capital investissement est donc d’accompagner les entreprises du stade de la création jusqu’à leur fin de vie. Mais alors pourquoi cette activité est-elle parfois décriée alors que son but est complètement en adéquation avec les besoins de l’économie ?

Le capital investissement est souvent mal perçu par les entreprises et leurs employés qui voient cette entrée au capital d’un mauvaise œil.

« L’intrusion » des investisseurs

À la différence des investisseurs dans des entreprises côtées avec une capitalisation boursière conséquente, les sociétés de gestion qui placent leurs fonds dans le cadre d’une activité de capital investissement ont suffisamment de liquidités pour avoir une part majoritaire du capital de la société, ce qui signifie qu’ils ont la possibilité de siéger au conseil d’administration et donc de participer aux décisions stratégiques de la société, ce qui peut parfois être interprété par les autres collaborateurs comme une intrusion, une prise de contrôle agressive et surtout la fin du caractère humain de l’entreprise avec désormais à sa tête des financiers qui ne chercheront que rentabilité et réduction des coûts.

Une fois encore il existe des exemples et notamment un allant dans ce sens où un gérant de fonds en capital investissement se rendait aux conseils d’administration avec une tasse à café sur laquelle se trouvait une photo de la personne qui s’était opposée à ses choix et qui avait été licenciée. Il est vrai que cela est possible, mais il s’agit là d’un fait divers et non un phénomène récurrent.

Quand un investisseur rentre au capital d’une société, son intérêt et celui de l’entreprise sont liés et il participe à l’aventure au même titre que tous les autres collaborateurs. D’autant plus que le capital investissement n’est pas une activité limitée puisque rien qu’en France, 5000 entreprises ont recours à ce moyen de financement ce qui le situe à la deuxième position des modes de financement des sociétés. Il s’agit là sans doute de la meilleure preuve du rôle du capital investissement et au travers de cette activité, de celui de la finance en général dans la société.

Il est finalement difficile de dire si le capital investissement appartient à la bonne finance ou pas car, comme on pouvait s’en douter, on ne sait pas vraiment s’il existe une bonne et une mauvaise finance, mais peutêtre simplement la finance et ses excès comme pour chaque secteur d’activité.

Ce qui est certain néanmoins, c’est que le capital investissement à un rôle primordial à jouer dans l’économie et que cette pratique doit être encouragée par les pouvoirs politiques qui ont entre leurs mains toutes les cartes pour résoudrent les problèmes que rencontrent les entreprises.

Benoît Gueguen

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